COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Une création de Claude rutault
pour le pavillon Dufour

20 juin 2014

Dans le cadre de la procédure du 1% artistique, l’artiste Claude Rutault a été sélectionné pour créer une œuvre destinée au futur pavillon d’accueil des visiteurs du château de Versailles.

L’obligation de décorer les constructions publiques, plus communément dénommée « 1% artistique » est une procédure spécifi que de commande d’œuvres d’art spécialement conçues pour les lieux. À l’occasion du vaste chantier de réaménagement du pavillon Dufour qui sera mis en service au début de l’année 2016 et qui est destiné à améliorer l’accueil des visiteurs individuels, c’est la proposition de l’artiste Claude Rutault, peintre français contemporain, qui a été retenue. Cette œuvre sera installée dans l’espace de circulation situé au niveau -1 à proximité de la sortie des visiteurs vers le jardin. Intitulée «- de la peinture, sire …», elle sera en totale adéquation avec le lieu dans lequel elle se situera.

Le travail de Claude Rutault s’élabore à partir d’un vocabulaire établi en 1973 dans la dé-finition/méthode 1 : «une toile tendue sur châssis, peinte de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée. Sont utilisables tous les formats disponibles dans le commerce, qu’ils soient rectangulaires, carrés, ronds ou ovales». L’identité de la couleur de la toile avec le mur a permis de développer un corpus autour de 580 dé-finitions/ méthodes. Les textes de Rutault sont les consignes d’une œuvre en devenir, «actualisée» par son «preneur en charge» (collectionneur, musée…). Poursuivant la logique de l’abandon de l’objet fini, Claude Rutault a repeint à partir de 1995 toutes ses peintures d’avant les toiles peintes de la même couleur que le mur. L’artiste a élargi son propos en utilisant les toiles au-delà du strict rapport mur/toile : des piles de toiles, des toiles posées au sol ou contre les cimaises…

L’œuvre de Claude Rutault pour le pavillon Dufour se compose d’une suite de plaques de marbres différents taillées de manière irrégulière. Le mur sur lequel elles sont accrochées est peint dans une couleur proche de celle de l’ambiance du lieu. Au-dessus, sont installées trois toiles peintes de la même couleur que le mur et deux plaques de marbre. Le dialogue entre marbre et peinture traduit la préoccupation de l’artiste de confronter le peint et le non-peint.

Claude Rutault : « Nous sommes dans un espace intermédiaire, entre les salles du château que nous venons de parcourir et le parc qui est à deux pas. Cet espace est un lieu de passage, une pause entre l’intérieur et l’extérieur. C’est ainsi que je voudrais situer mon intervention, comme une transition entre deux mondes qui en réalité n’en font qu’un. Le château, ses salles luxueuses, chargées de décors d’histoire, et le parc qui continue l’intérieur sans réelle rupture, avec ses sculptures, ses bosquets, ses perspectives, ses bassins, son exaltation visuelle et sonore les jours de grandes eaux. Tout cela est réalisé à l’aide de matériaux présents à versailles et de la peinture et des questions qu’elle pose dans un tel lieu. Mettre en évidence en quoi peut const ituer une peinture, aujourd’hui, dans la suite de ce qui s’est passé autrefois. Juste assez spectaculaire, puisque nous sommes à versailles, sans être pour autant démonst rative. Tenant ce propos par une proposition picturale qui dépasse les époques et les styles. Une peinture actuelle qui légitime celle d’hier et non le contraire, conscient qu’il est impossible de peindre sans connaître le passé qui arrive jusqu’à nous. Faire en sorte que cette peinture ait non seulement une raison d’être, mais une raison d’être là aujourd’hui.»