COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Les appartements de Mesdames restaurés et remeublés

Appartements ouverts au public le 25 avril 2013

Les appartements de Mesdames, filles de Louis XV, sont situés au rez-de-chaussée du corps central du Château et sont symétriques à ceux du Dauphin et de la Dauphine, de part et d’autre de la Galerie basse. Ils étaient les plus beaux du château de Versailles après ceux du souverain. Les six filles de Louis XV, s’y installèrent à partir de 1752, mais seulement deux d’entre elles, Adélaïde et Victoire – qui ne se marièrent pas et vécurent longtemps – les habitèrent jusqu’à la Révolution.

Alors qu’ils avaient été complètement transformés par Louis-Philippe, le XXe siècle s’est attaché peu à peu à les restituer, dans leur état d’Ancien Régime. Le projet s’était enlisé, par manque de crédits, dans les années 80. Sous la conduite de Béatrix Saule, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, les travaux de restauration ont été menés avec opiniâtreté pour rendre son éclat à ce prestigieux ensemble, fermé jusqu’alors la plupart du temps, qui s’intégre désormais dans le grand circuit de visite du château.

Les appartements de Mesdames ont retrouvé leurs meubles et sièges de provenance royale et les objets d’art qui en étaient la parure : c’est un véritable trésor ignoré qui sort des réserves de Versailles. Les pièces principales s’habillent de tentures et de rideaux en soieries de Lyon. Ces étoffes, réalisées d’après des modèles du XVIIIe siècle, ont fait l’objet de grandes commandes exceptionnelles auprès des soyeux lyonnais, tout comme les ornements réalisés par des passementiers français. Le château de Versailles apporte ainsi un soutien considérable – et souvent vital – aux métiers d’art.

Il ne s’agit pas seulement d’évoquer l’atmosphère luxueuse dans laquelle vivaient les Princesses mais de montrer leur goût pour les arts, en particulier pour la lecture (des grands classiques grecs et latins) et surtout pour la musique. C’est dans le Grand cabinet de madame victoire que le jeune Mozart (en 1763) joue du clavecin devant la famille royale. Il dédie, l’année suivante, à cette princesse, l’une de ses deux premières sonates pour le même instrument. Les salons des filles de Louis XV, immortalisées en musiciennes par Nattier, permettront de rassembler les objets de musique des collections de Versailles, notamment le violon dit de Madame Adélaïde. Et pourquoi ne pas imaginer d’y entendre, sur le clavecin de Rückers ou de Blanchet, les sonates offertes par Mozart à Madame Victoire ?

L’ouverture au public de ces neuf pièces princières en avril 2013 ne marque pas seulement la volonté de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles de proposer une offre culturelle toujours plus vaste mais aussi la cohérence d’une politique guidée par la transmission des savoirs. Enfin, elle conforte une réalité : le château de Versailles n’est pas un musée mais une « résidence royale ». Qui vit…