COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Concerts d’orgue à la chapelle royale
A l'occasion du tricentenaire de la mort de Louis XIV - 1er septembre 2015

Les quatre organistes titulaires de l’orgue de la Chapelle royale, Michel Bouvard, François Espinasse, Frédéric Desenclos et Jean-Baptiste Robin, joueront le 1er septembre 2015 pour célébrer le tricentenaire de la mort de Louis XIV. 

Tout au long de la journée, de 10h à 18h, les quatre musiciens se relayeront pour jouer les 15 premières minutes de chaque heure. À 18h, ils proposeront une heure de concert. Le programme fera entendre la diversité et l’évolution des styles musicaux appréciés à la cour pendant le règne du Roi-Soleil (Couperin, Lully, Marchand…). 

Concerts de la journée : Accès libre pour les visiteurs munis d’un billet Château.Gratuit pour les moins de 26 ans.

Concert de 18h : Accès gratuit, dans la limite des places disponibles.

La chapelle royale, dernier grand chantier du roi-Soleil

Si Louis XIV annonce la construction de la Chapelle royale dès 1682, au moment où la cour s’installe à Versailles, les travaux ne commencent réellement que deux ans plus tard. Ce dernier grand chantier du règne est de loin celui qui a concentré le plus d’efforts et de talents : deux architectes, sept peintres, et cent vingt sculpteurs furent mobilisés pour ériger cet édifice si longtemps imaginé et préparé par le souverain vieillissant. 

Dédiée à Saint- Louis, la chapelle est bénie le 5 avril 1710, cinq ans avant la mort de Louis XIV. Néanmoins, elle constitue son véritable testament spirituel. La tribune principale, au-dessus de l’entrée, est réservée à la famille royale, les tribunes latérales aux princes du sang et aux principaux dignitaires de la cour ; les autres fidèles sont placés au rez-de-chaussée. Le décor illustre principalement la Passion du Christ et la Trinité glorieuse. 

Passionné de musique, Louis XIV veut que les cérémonies qui se déroulent dans sa chapelle soient les plus belles d’Europe. Il renforce ainsi les effectifs musicaux et procède lui-même au recrutement des musiciens et des chanteurs. Surtout, il installe l’orgue à l’étage de la tribune, en face de lui, au-dessus du retable du maître-autel. Cette situation privilégiée est tout à fait unique. Installé en 1711, cet instrument de Robert Clicquot fut inauguré le jour de Pâques par François Couperin. Par sa riche tonalité blanche et or, l’orgue prolonge le retable du maître-autel et assure un lien avec La Résurrection du Christ peinte à la voûte par Charles de La Fosse. Le buffet a été réalisé par des sculpteurs ornemanistes de grand talent : Marin Belan, Robert de Lalande, André Legoupil et Pierre Taupin, placés sous la direction de Jules Degoullons. 

L’orgue de la chapelle est considéré par les spécialistes comme l’égal des autres grands instruments originaux de la famille Cliquot (cathédrale de Poitiers, église de Houdan….). 

Programme du concert de 18h

Louis Couperin (1626-1661)
Prélude du Grand Livre d’orgue, par François Espinasse
Fantaisie n° 26, par Michel Bouvard
Louis Couperin disparaît la même année que Mazarin, année de la prise de pouvoir de Louis XIV et début de l’« ère classique française ». Entre 1559 et 1660, il suit la cour pour les négociations du mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse et joue l’orgue pour la célébration royale à Saint-Jean-de-Luz. La concision de ses pièces présente un grand art de la polyphonie et se fond dans le style classique à venir.

Henry Du Mont (1610-1684)
Trois trios par les quatre organistes, en alternance
Nommé en 1663 maître de la Chapelle royale, Henry Du Mont cumule ensuite les titres à la cour : compositeur de la musique de la chapelle en 1672, maître de la musique de la Reine en 1673. Ses trios pour orgue à trois mains sont uniques dans le répertoire français et forment un précieux témoignage de l’art musical au début du règne du grand roi.

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Passacaille d’Armide (1686) par Jean-Baptiste Robin
L’impressionnante passacaille « Les Plaisirs ont choisi pour asile » du 5e acte de la tragédie en musique Armide de Lully est l’un des chef-d’œuvre de la musique scénique du grand siècle. Initialement avec orchestre, chœurs et solistes ce testament musical a été transcrit par son ami Jean-Henri d’Anglebert pour clavecin.

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
In Nativitatem Domini Canticum H.416 : 1) Prélude –2) Nuit par Frédéric Desenclos
Cet oratorio est l’une des plus belles réussites de Charpentier, avec notamment le poème instrumental dépeignant la nuit sur la colline près de Bethléem. Charpentier n’a jamais été compositeur de cour mais il a écrit pour la Troupe du roi, particulièrement pour des pièces de Corneille et Molière. Il est aussi l’un des plus grands compositeurs français de musique religieuse.

André Raison (1650-1719)
Offertoire sur «Vive le Roy» par Frédéric Desenclos
Cette œuvre joyeuse sur « Vive le Roy des Parisiens » à son entrée à l’Hôtel de ville est composée alors que Louis XIV venait de subir une première opération de la fistule et qu’il s’était rendu à Notre-Dame de Paris pour une action de grâces. Sur son chemin, le peuple l’avait acclamé ! Cette œuvre solidement ancrée dans la tradition de Lebègue et Lully s’achève avec le chant «Vive le Roy».

Louis Marchand (1669-1732)
Plein Jeu, Tierce en taille, Grand Jeu du Te Deum par Jean- Baptiste Robin
En 1754, Pierre-Louis d’Aquin disait de Marchand : « il avait pour lui la rapide exécution, le Génie vif et soutenu, et des tournures de chant que lui seul connaissait. […] il n’avait guère d’autres épithètes que celle de grand : c’était un homme de génie ». Ce musicien haut en couleurs, organiste « par quartier » de la chapelle royale, compose le plus virtuose des pleins jeux français (à double pédale) et l’unique Te Deum pour orgue.

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
Suite du 2ème ton
Duo – Flûtes – Basse de Cromorne – Récit de Nazard

par François Espinasse
Issu d’une lignée de musiciens violonistes et organistes, Louis- Nicolas Clérambault est organiste de la Maison royale de Saint- Cyr. Ses deux suites sont publiées en 1710, au même moment que l’achèvement de la chapelle de Versailles, et elles annoncent le style gracieux de Louis XV. Leur écriture est plus claire, moins ornée et plus marquée par la manière italienne que chez tous ses prédécesseurs.

François Couperin (1668-1733)
Extraits de La Messe propre pour les couvents :
Plein jeu du Gloria – Cromorne en taille – Offertoire sur les Grands Jeux

par Michel Bouvard
Couperin inaugure l’orgue de la chapelle royale et il est le dernier organiste « par quartier » que Louis XIV a pu écouter à Versailles avant sa mort. Sa musique ne s’écarte pas du style ni du cadre élaborés par ses contemporains mais atteint une profondeur d’inspiration et de facture remarquables.
Avec l’offertoire, Couperin offre une série de variations libres sur un air accentué à la manière d’un passepied. La seconde partie présente une méditation fuguée de rythme binaire et le dernier volet est bâti sur une chanson populaire : Louez le Dieu puissant