COMMUNIQUÉ DE PRESSE


18e, aux sources du design

28 octobre 2014 - 27 février 2015

Le château de Versailles présente les chefs-d’œuvre du mobilier de 1650 à 1789, comme autant d’exemples emblématiques de la richesse créative de cette époque. Portant sur le génie d’hier un regard d’aujourd’hui, elle met en relief le caractère novateur et précurseur du mobilier XVIIIe en matière de formes, de techniques, de décors et de matériaux. Aucune exposition sur ce mobilier exceptionnel n’a été réalisée depuis 1955.

Une centaine de chefs-d’œuvre de mobilier issus des collections des plus riches amateurs d’art de l’époque – la famille royale et son entourage, l’aristocratie, les financiers – témoigne de la révolution que le XVIIIe siècle a opéré dans l’histoire du meuble. Tous les grands noms de la création d’alors sont représentés : André-Charles Boulle, Antoine-Robert Gaudreaus, Charles Cressent, Bernard II Vanrisenburgh, Jean-François Œben, Jean-Henri Riesener et George Jacob. 

Des meubles non connus de collections privées sont présentés pour la première fois au public à côté de pièces majeures provenant des collections du château de Versailles, du musée du Louvre, du musée des Arts décoratifs, du château de Fontainebleau, mais également du Getty Museum. 

C’est en 1712 que Shaftesbury introduit dans la théorie de l’art le mot et le concept de design unifiant “le dessein” et “le dessin”, le processus de conception et celui de mise en forme de l’œuvre. Pour la première fois, le mobilier est pensé, les meubles sont créés avec une intention particulière, la forme est adaptée à la fonctionnalité et au confort. L’élaboration du meuble au XVIIIe siècle s’inscrit bien aux sources du design, autant dans sa conception d’un projet global que dans sa recherche d’harmonie entre forme et fonction. 

La transformation du mobilier accompagne l’évolution de la société du XVIIIe, où les commanditaires des grandes pièces de mobilier sont davantage désireux de confort et de luxe. La proximité du concepteur, architecte, ornemaniste (ancêtre du designer), et de l’artisan très qualifié annonce notre design d’auteur moderne. Les marchands merciers jouent alors un nouveau rôle d’intervention égal à celui des décorateurs d’aujourd’hui, suggérant de nouvelles applications au mobilier.

La recherche sur les formes n’a jamais été aussi aboutie qu’au XVIIIe siècle, où la silhouette du mobilier se métamorphose. Des trésors d’inventivité se déploient et de nouvelles formes apparaissent : consoles, commodes, secrétaires en pente et en armoire… Le mobilier aux formes jusque-là rigides prend des formes courbes, devient galbé, droit à pieds galbés, reposant sur quatre, six, huit pieds. Les pièces de mobilier se dotent de mécanismes et transformations, et peuvent combiner plusieurs usages.