Communiqué de presse


Exposition “Le Goût de Marie Leszczynska”

Marie Leszczynska, une reine méconnue

Marie Leszczyńska, reine discrète et méconnue, est pourtant celle qui a régné le plus longtemps à Versailles (plus de 42 ans). Durant cette période, elle a fortement influencé l’aménagement du château de Versailles par la création d’appartements privés, ainsi que la vie artistique de son époque par ses nombreuses commandes aux artistes et aux Manufactures. À la cinquantaine d’œuvres, peintures et objets d’art, réunie aujourd’hui, provenant essentiellement des collections du château de Versailles, s’ajoutent plusieurs acquisitions récentes et de première importance pour Versailles. 

L’appartement de la Dauphine, qui réouvre à l’occasion de cette exposition, n’est toutefois pas présenté dans son état d’aménagement historique. Il sera remeublé en 2020 après la restauration de l’appartement contigu du Dauphin. 

Marie Leszczyńska, une reine polonaise

Rien ne prédispose Marie Leszczyńska à devenir reine de France. Fille de Stanislas Leszczyński, roi déchu de Pologne contraint de céder son trône à l’électeur de Saxe Auguste II, elle s’est établie avec sa famille à Wissembourg (Alsace) en 1719. Sa gloire passée autorise son père à envisager pour elle une union avec un grand personnage. Mais après plusieurs déconvenues, l'histoire prend un autre tour. C'est non pas une alliance de sang royal qui attend la jeune femme, mais une union avec le roi lui-même.

En effet, en 1723, la disparition du Régent fait craindre la consécration de la branche cadette d’Orléans : si Louis XV venait à disparaître sans descendance, l’héritier du trône de France deviendrait le fils du défunt Régent. Or, à ce moment-là Louis XV, jeune roi de treize ans, est fiancé à l’infante d’Espagne, seulement âgée de sept ans. L’alliance est rompue au risque d’un incident diplomatique. 

Durant tout son règne, Marie Leszczyńska se plie aux impératifs du cérémonial, s’appliquant à toujours mener une vie exemplaire dénuée d’intrigues. Dans son cadre privé, elle mène une existence simple avec sa famille et un cercle d’amis intimes qui partagent ses goûts. Elle se retire plusieurs heures par jour dans son appartement intérieur pour méditer, prier, effectuer des travaux d’aiguille sur un métier, ou peindre. Selon madame Campan qui l’a connue dans sa jeunesse, Marie Leszczyńska « avait de la finesse dans l’esprit ». 

Après quarante-deux ans passés à Versailles, Marie Leszczyńska est la souveraine à avoir le plus longtemps partagé la vie de la cour versaillaise.

Les partis pris artistiques de la reine

Tout au long de son règne, Marie Leszczyńska exprime son goût personnel, aussi bien en ce qui concerne l'aménagement de ses appartements officiels et privés, que lors des nombreuses commandes qu'elle passe directement aux artistes. La Reine aime s'entourer d'œuvres d'art et notamment des portraits de sa famille.

Ainsi, les peintres les plus talentueux, tels Alexis-Simon Belle, Jean-Marc Nattier, ou encore Pierre Gobert, sont appelés pour exécuter des portraits des dix enfants royaux, nés entre 1727 et 1737. 

En ce qui concerne l'aménagement même du Château, Marie Leszczyńska souhaite, dès 1725, mettre sa chambre au goût du jour : des boiseries, exécutées par Vassé, prennent place au-dessus de la cheminée dont on renouvelle le marbre par le choix d’un sarrancolin. Quant aux virtuoses Verbeckt, Dugoulon et Le Goupil, ils sculptent le décor entre les fenêtres. Les dessus-de-porte, toujours en place aujourd’hui, sont commandés pour la Reine en 1734 : par Jean-François de Troy, La Gloire des princes s’empare des Enfants de France, figurant le Dauphin et ses deux sœurs aînées, et par Charles-Joseph Natoire, La Jeunesse et la Vertu présentent les deux princesses de la France. En 1735, le plafond est repeint : Apollon au milieu des Heures par Gilbert de Sève disparaît au profit d’un décor géométrique orné des chiffres entrelacés du couple royal. Au même moment, la Direction des Bâtiments du Roi, sur ordre de Louis XV, demande à François Boucher d’orner les voussures de quatre grisailles représentant des Vertus : La Prudence, La Piété, La Charité, La Libéralité. Mais Marie Leszczyńska doit attendre près de trente ans pour qu’en 1764 la dorure, si fanée, soit restaurée sous la direction de François Vernet. 

Au château de Versailles où elle mène une vie réglée par l’étiquette, Marie Leszczyńska aspire à vivre, ne 
serait-ce que quelques heures par jour, en simple particulière. Chaque après-midi, elle se retire en son appartement privé pour lire, méditer, y recevoir son cercle le plus intime. Aussi la souveraine joue-t-elle un rôle essentiel dans la distribution des espaces situés à l’arrière de son Grand Appartement. Elle est la première à les occuper et à en revoir la distribution.