Communiqué de presse


Un chef-d’œuvre du mobilier français retrouve sa place à Versailles

Grâce au legs généreux de Madame Jeanne Heymann. 

Une extraordinaire commode en laque du Japon, livrée en 1745 pour la Dauphine Marie-Thérèse Raphaëlle d’Espagne, va retrouver sa place au château de Versailles. Elle est l’œuvre de l’un des plus fameux ébénistes parisiens, Bernard II Van Riesen Burgh dit BVRB. Le retour de ce meuble, sommet du style rocaille, à son emplacement historique, représente un événement exceptionnel pour le château de Versailles. Il est dû au legs généreux de Madame Jeanne Heymann. 


un meuble pour la dauphine

Livrée à Versailles quelques jours avant l'arrivée de l'infante Marie-Thérèse Raphaëlle d’Espagne (1726-1746), dont le mariage avec le Dauphin Louis-Ferdinand, fils de Louis XV est célébré le 23 février 1745, cette commode exceptionnelle ne quittera plus le Château jusqu'à la Révolution. Après la mort précoce de la jeune princesse Marie-Thérèse Raphaëlle, elle continuera d’orner la chambre de la nouvelle Dauphine, 
Marie-Josèphe de Saxe au rez-de-chaussée du corps central sur le parterre du midi. Demeurant dans les mêmes appartements, elle entrera ensuite dans l'ameublement du comte de Provence et de la comtesse de Provence.

Vendue à la Révolution, cette commode réapparaît sur le marché de l'art à l'extrême fin du XIXe siècle. Présentée comme « l’une des plus belles commodes du monde », elle quitte la France dans les années 1980, sans qu’alors sa provenance versaillaise soit établie. Ce n’est qu’en 1998, alors qu’elle se trouvait depuis près de vingt ans aux États-Unis, que la découverte du numéro de livraison, le « 1343 », permet de faire le lien avec le Journal du Garde-meuble de la Couronne, qui la décrit comme « une commode d’ancien vernis du Japon, fond noir, a pagodes oiseaux et animaux du pais, a dessus de marbre de brocatelle bombée et chantournée aïant par devant deux grands tiroirs ...».
 

une acquisition exceptionnelle

Rare par ses dimensions imposantes et par la qualité de ses panneaux de laque du Japon - les plus coûteux - 
la commode à deux grands tiroirs, est caractéristique de la production rocaille si en vogue à l'époque dans les milieux princiers depuis que la reine Marie-Leszczynska s'est fait livrer en 1737 une commode de laque pour son cabinet de retraite à Fontainebleau. Remarquable aussi est le mouvement chantourné de ses bronzes dorés, d'une qualité de ciselure exceptionnelle, qui accompagnent de façon admirable les panneaux de laque. 

Un processus rigoureux d’étude scientifique préalable à l'acquisition a été mené au Centre de recherche et de restauration des musées de France, croisant de multiples techniques d'exploration scientifique jusqu’aux plus récentes, notamment sur les panneaux de laque, les bronzes, l’inscription à l’encre et le bâti de la commode. Ces études ont confirmé l’origine japonaise des panneaux utilisés et la qualité de la dorure au mercure. Elles ont conclu à la parfaite homogénéité du meuble. Aussi l'acquisition s'est-elle imposée comme une étape majeure de la politique de remeublement du château de Versailles. C’est l’important legs de Madame Jeanne Heymann, généreuse donatrice, qui a souhaité contribuer spécifiquement au retour à Versailles d’œuvres y ayant figuré avant la Révolution, qui permet aujourd’hui d’écrire cette nouvelle page d’Histoire.